Sélection du mois de Novembre
- 21 nov. 2025
- 2 min de lecture

🖌️⚱️ Ce mois-ci, je vous emmène dans les coulisses de la restauration d’un élégant vase en porcelaine chinoise, appartenant au registre dit de la "famille rose", et daté du XIXᵉ-début XXᵉ siècle.
L’objet m’a été confié afin d’améliorer une ancienne restauration, au niveau du col. Ce dernier avait été précédemment recollé et partiellement comblé, mais le temps avait terni l’intervention : l’adhésif avait très fortement jauni rendant la restauration visible et esthétiquement peu satisfaisante
🔬 Avant toute nouvelle intervention, une phase de dé-restauration a été nécessaire. Le but est ici de retirer intégralement l’ancienne colle et les comblements, pour revenir à une œuvre « neutre », sans matériau ajouté.
Cette étape est essentielle : le décollage de la porcelaine demande une très grande précision. Le moindre résidu d’adhésif peut nuire au futur collage :
soit en créant un léger décalage au niveau de la fracture,
soit en laissant apparaître des traces jaunâtres au bord de la cassure, visibles une fois le collage terminé.
Le nettoyage s’effectue donc sous lumière ultraviolette, lorsque l’ancien adhésif est fluorescent, ou bien sous microscope, pour un retrait mécanique précis.


Une fois le vase parfaitement nettoyé, un collage est réalisé à l’aide d’un adhésif synthétique stable. Il faut savoir que certains objets ayant déjà été restaurés dans le passé ont tendance à faire jaunir les colles modernes, malgré les précautions prises.
Les comblements sont ensuite réalisés avec soin, afin de retrouver la teinte exacte de la porcelaine ainsi que son opalescence caractéristiques.
Enfin, une retouche picturale vient parfaire l’ensemble pour réintégrer visuellement les zones restaurées au sein du décor, sur l’extérieur du vase.
📖 Les porcelaines chinoises sont souvent classées par les experts d’art, collectionneurs et amateurs en différentes familles chromatiques, selon la nature des émaux utilisés.

Les émaux sur porcelaine varient par leur composition et par la température à laquelle ils sont cuits. Certains nécessitent une cuisson à haute température (environ 1300 °C), tandis que d'autres sont appliqués à basse température, ce qui permet une plus grande richesse de couleurs, mais rend leur maîtrise plus complexe.
Parmi les familles les plus connues :
La famille verte caractérisée par des décors aux verts translucides, souvent associés à des émaux rouges ocres.
La famille jaune, plus rare, dont les objets présentent un fond d’émail jaune vif.
La famille noire, également rare, où l’on retrouve un fond d’un noir profond, technique difficile.
Le vase présenté ici appartient à la famille rose, facilement reconnaissable à ses teintes rosées et délicatement nuancées. Ces effets sont rendus possibles grâce à l’utilisation de l’or colloïdal, un émail obtenu à partir d’or pur dissous dans un acide, puis mélangé à du borax (minéral). Le dosage, les mélanges et la réaction chimique lors de la cuisson rendent ce rose particulièrement difficile à obtenir, mais très prisé pour son élégance.






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